Accueil arrow Séjours, voyages... arrow Séjours rando arrow LE CHEMIN DE STEVENSON
Narrow screen resolution Wide screen resolution green color default color orange color
LE CHEMIN DE STEVENSON Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Du 26.08 au 02.09.2011 - "Notre... Stevenson ! "

Itinérance de Langogne à St Jean du Gard.

Vendredi 26 août :

Il est 6 h 15, on jette la clé de sa maison par-dessus la haie… ou, on la glisse dans la boîte aux lettres de la copine, le sac à dos, les chaussures de rando, on va rejoindre l’arrêt de bus…

Edgard nous amène à la gare de Nîmes… nous trouvons rapidement notre quai et une dizaine de minutes après nous sommes installés dans le train qui nous amène à Langogne.

Langogne est sous la pluie : de gros orages, alerte orange météo, alerte rouge même !

On est tranquille… deux charmants chauffeurs viennent nous chercher à la gare pour une excursion dans le petit village d’Auroux, à 15 mn au nord est de Langogne, près du Lac de Naussac et à l’est de la Margeride.

Martine, notre guide, nous invite à visiter ce charmant village au milieu des bois et des prés et au dessus de la rivière Le Chapeauroux, affluent de l’Allier. Ses maisons disposées en amphithéâtre et une halle avec des énormes piliers de granit, une fontaine qui porte la statue de Notre Dame de Garonne au centre, donnent de la séduction à la place du village. Les savants Pierre et Marie Curie venaient ici en vacances et appréciaient son bon air… surtout pour leur fille Irène. Nous faisons un tour à l’office de tourisme avant de rejoindre Le Café pour un apéritif fort sympathique.

Nous rejoignons la maison de Martine et Bédou pour une succulente omelette aux cèpes, des charcuteries de pays, des lentilles du Puy et une bonne tarte aux myrtilles.

L’orage dehors gronde. Fort. Très fort !

Le repas terminé, le temps se calme et nous en profitons pour faire une petite balade de 7 km.

Ce sera tout pour aujourd’hui… la fin de la journée approche et il est temps de rejoindre ce qui devait être l’arrivée de notre première étape : le Serre du Mourre à Cheylard l’Evêque.

Un grand merci à Martine et Bédou et à leur famille pour leur bel accueil et la belle journée…

Nous rencontrons nos premiers « caminaïres »… le repas est succulent… nous nous installons tous dans la même chambre et nous passons une excellente nuit.

Ouf ! nous sommes rassurés, car à la lecture du Journal de Stevenson, nous ne nous attendions pas à un accueil si heureux : « … à parler franc, Cheylard ne méritait qu’à peine toute cette recherche. Quelques issues accidentées de village, sans rues définies, mais une suite de placettes où s’entassaient des bûches et des fagots, un couple de croix avec des inscriptions, une chapelle à Notre-Dame-de-toutes-Grâces au faîte d’une butte, tout cela sis au bord d’une rivière murmurante des montagnes, dans un renfoncement de vallée arride… ».

 VOIR ICI LES PHOTOS DE NOTRE JOURNEE A AUROUX

Samedi 27 août :

Le petit déjeuner est pantagruélique : charcuterie de pays, tartines, pain perdu, crêpes… et des cheylardais, ou plutôt des… Australiens, saluent notre départ. La chapelle, dont l’immense Notre-Dame, tournée vers les bâtiments d’une abbaye, de femmes, isolée au milieu de la forêt de Mercroire (que nous aurions dû traverser hier), s’amincit pour ne devenir qu’un point minuscule au fur à mesure de notre montée dans la forêt domaniale de la Gardille.

Après avoir traversé le Langouyrou nous remontons sur Pradels où nous empruntons la  piste de « La Bête ». La bête du Gévaudan chère à Nadine !

Nous arrivons au lac de Louradou pour où nous faisons une petite pause… le temps est toujours à la pluie.

Un peu plus loin, un chemin descend sur le château de Luc. Une vue nous est offerte sur la vallée de l’Allier. Ce château avait été construit vers le XII siècle sur une place Celte et a été très longtemps l’un des plus importants de la région. Malgré son état de ruines nous pouvons apercevoir qu’il a été une forteresse militaire qui gardait le chemin de Régordane (La Régordane reliait le Midi à l’Auvergne et était empruntée par des colporteurs mais aussi par de nombreux pèlerins qui se rendaient à St Gilles). Place forte protestante pendant les guerres de religion le château aurait été démantelé sur ordre de Richelieu vers 1630. Le donjon est resté et a été transformé en chapelle vers la fin du XIXe siècle avec installation d’une monumentale statue de la vierge sur la terrasse.

« … Luc n’offrait d’autre attrait remarquable que le vieux château avec ses sacrés cinquante quintaux de Madone toute neuve… »

Luc représentait pour nous l’attrait d’un bon café chaud et réconfortant après notre repas glacial… mais il n’y avait pas de café.

Martine fait une chute sans gravité. Nous sommes frigorifiés.

Heureusement la providence nous amène Alain et Janette avec qui nous faisons un bout de chemin. Leur compagnie nous réconforte et leur histoire nous rempli d’admiration : à la retraite fin juin, ils sont partis tous les deux de Versailles le 14 juillet pour rejoindre Nice… à pied. Pas en ligne droite, sur leur itinéraire bien à eux, dans lequel ils ont inclus « Stevenson ».

Nous traversons ensemble le village de Laveyrune et son Eglise (mais toujours pas de café) et de sa triste colonie de vacances nommée l’Espoir. Nous l’aurions plutôt baptisée « le Désespoir ». Mais l’espoir est devenu réalité, un beau soleil sort de derrière les gros nuages.

Nous laissons Alain et Janette à Rogleton et passons au vote pour savoir si nous décidons, ou pas de faire le détour jusqu’à Notre-Dame-des-Neiges. A l’unanimité la variante est adoptée et nous montons dans une jolie forêt et c’est sous une belle lumière ardente que nous arrivons à l’Abbaye accueillante et sécurisante.

«… J’ai rarement éprouvé plus d’angoisse sincère qu’en approchant de ce monastère de Notre-Dame-des-Neiges. Est-ce d’avoir reçu une éducation protestante ? Et soudain, à un tournant, une crainte m’envahit de la tête aux pieds –crainte superstitieuse, crainte d’esclave. Bien que ne cessant d’avancer, je continuais pourtant avec lenteur, comme un homme qui aurait franchi, sans y prêter attention, une frontière et s’égarerait du pays avec lenteur, comme un homme qui aurait franchi, sans y prêter attention, une frontière et s’égarerait au pays de la mort… »

Nous nous intéressons à l’histoire de ce bâtiment couvert d’ardoise, installé sur ce plateau ardéchois. Il a été fondé en 1850. La suite de l’histoire nous paraît trop « catholique » et nous tournons plutôt nos conversations sur la commercialisation mondiale de ses « vins de messes ». Cette activité est aujourd’hui arrêtée mais grâce à une entente avec nos vins de Bellegarde, les moines (assez âgés) qui restent, arrivent à garder une activité commerciale. Ils améliorent aussi leur revenu avec un gîte d’accueil pour les randonneurs.

Nous retrouvons le GR7 qui nous ramène tranquillement à La Bastide Puylaurent où nous passons notre deuxième nuit.

voir ici les photos de notre étape : CHEYLARD L'EVEQUE à LA BASTIDE PUYLAURENT

Dimanche 28 août :

C’est sous un beau soleil que nous montons tranquillement sur le chemin d’exploitation au dessus de la gare de La Bastide Puylaurent. Nous arrivons au chemin de la Mourade et nous avons le plaisir d’y retrouver Alain et Janette. Nous continuons encore ensemble sur le plateau de la Gardille qui nous offre de jolies vues… On aperçoit même le Mont Ventoux !

Nous faisons un détour pour « admirer » le rocher de la Réchaubo. Ah non ! Qui a dit qu’il ressemblait aux dentelles de Montmirail ?

Quelques sacs à dos commencent à blesser les épaules, les pieds commencent à s’échauffer… nous redescendons sur Chaballier et la route nous amène au niveau d’un pont. Nous laissons Alain et Janette continuer et nous nous dirigeons dans le pré pour trouver un endroit au bord de l’Allier : c’est notre pause déjeuner. La pause se poursuit par une longue, longue sieste sous une volée de confettis composés de graines d’épilobes.

La reprise est difficile, les muscles commencent à tirer, il fait chaud. Après avoir passé le ruisseau de Fontaleyrès nous arrivons à Chasseradès à l’exemple de… Marcel Ilpide !

« … de là, une colline franchie, notre route nous fit traverser un plateau dénudé jusqu’au moment d’atteindre Chasseradès »…

Après un rafraîchissement nous retrouvons notre forme pour aller visiter le village et son imposante église romane dédiée à St Blaise. Sa haute tour carrée domine toute la vallée du Chassezac.

Au retour nous sommes heureux de retrouver Patricia et Maryse…

La soirée est très conviviale autour d’un bon vin de chez nous,  Alain et Janette ont pu rejoindre notre table malgré une opposition  de l’aubergiste… mais nous savons bien trouver des solutions !

 

 voir ici les photos de notre étape LA BASTIDE PUYLAURENT - CHASSERADES

Le lundi 29 août.

Ce matin Laure est malade : une indigestion ? Courageuse elle est au départ.

Nous passons le hameau de Mirandol et sous le viaduc. Stevenson avait partagé une chambre avec des hommes occupés à faire des relevés en vue de la construction de ce viaduc, mais il n’a été construit que 24 ans après son passage.

« La compagnie réunie, ce soir-là, dans la cuisine de l’auberge se composait de tous les ouvriers employés aux études topographiques pour l’une des voies ferrées projetées. Ils étaient intelligents et de conversation agréable et nous décidâmes de l’avenir de la France au-dessus d’un vin chaud jusqu’à ce que l’heure tardive marquée par l’horloge nous chassa coucher. »…

Nous remontons en suivant la voie ferrée et passons L’Estampe. Nous lantiponnons un peu  sur  les couvertures de béton sur la voie ferrée : c’est pour protéger la voie des congères durant les fortes tempêtes de neige l’hiver.

Nous entrons dans l’ombre bienvenue des arbres de la forêt domaniale du Goulet ou nous montons tranquillement jusqu’au col (1423 m).

En redescendant nous cueillons quelques fraises, quelques framboises et nous trouvons même quelques cèpes, nous passons devant le hameau en ruine de Serreméjan, franchissons un ruisseau et nous nous dirigeons par la Draille des Mulets sur la crête où nous posons les sacs…

Nous redescendons ensuite une piste et nous nous écartons du GR 70 pour aller repérer les sources du Lot… Il n’y a pas beaucoup d’eau.

Nous reprenons notre descente en s’éloignant petit à petit du Lot et ensuite par un joli chemin bordé de bouleaux nous rejoignons le hameau des Alpiers.

Nadine se fait piquer par une abeille. On chauffe… Plus de peur que de mal !

Quelques stratus nous accompagnent jusqu’au Bleymard.

Bédou à rejoint Martine. Nous passons une agréable soirée tous ensemble. Hic ! Il n’en faut pas beaucoup pour être « pompette » !

…  « Au sommet du Goulet il n’y avait plus de route tracée –uniquement des bornes dressées de place en place, afin de guider les bouviers. Le sol moussu était sous le pied, élastique et odorant. Je n’avais pour m’accompagner que quelques alouettes et je ne rencontrai qu’un chariot à bœufs entre Lestampes et Bleymard. Devant moi s’ouvrit une vallée peu profonde et, à l’arrière, la chaîne des monts de la Lozère, partiellement boisés, aux flancs assez accidentés dans l’ensemble toutefois d’une configuration sèche et triste. A peine apparence de culture. Pourtant, aux environs de Bleymard, la grand-route de Villefort à Mende traversait une série de peupliers élancés et de partout toutes sonores de clochettes des ouailles et des troupeaux »…

 voir ici les photos de notre étape CHASSERADES - LE BLEYMARD

Le mardi 30 août.

Laure a retrouvé sa forme, quelques ampoules font leur apparition…

Nous partons du Bleymard en suivant par erreur la route du cimetière, ce qui nous permet d’apercevoir deux biches. Elles étaient descendues boire au ruisseau et notre apparition les font remonter le pré pour rejoindre la forêt en toute hâte.

Nous revenons en arrière pour prendre le bon chemin et arrivons assez rapidement au Col Santel.

Nous essayons d’imaginer l’exploitation des mines de plomb argentifère et de zinc qui ont été exploitées ici quelques temps après le passage de Stevenson. Plus de 300 ouvriers y étaient employés… L’animation des villages devait être différente de celle d’aujourd’hui !

Pour gravir le Mont Lozère nous empruntons la draille qui se dirige plein sud. Au bout de quelques minutes de montée nous avons la surprise de voir arriver un berger avec des brebis… « Il y en a 2500 qui me suivent… ». Impressionnant !

Nous traversons la station du Mont Lozère et trouvons sans encombre notre sentier en suivant la D 20.

La montée au sommet de Finiels est un enchantement… Les montjoies qui marquaient la limite de la propriété que les chevaliers de Malte (ou l’ordre de St-Jean-de-Jérusalem) possédaient sur le Mont Lozère montrent facilement notre sentier. C'est un fait, ces pierres levées ont longtemps servi de balisage pour les Anciens.

 « … Son point le plus culminant, ce pic de Finiels sur lequel j’étais debout, dépasse de cinq mille six cents pieds le niveau des eaux de la mer, et, par temps clair, commande une vue sur tout le bas Languedoc jusqu’à la Méditerranée. J’ai parlé à des gens qui, ou prétendaient ou croyaient avoir aperçu, du Pic de Finiels, de blanches voiles appareillant vers Montpellier et Cette. Derrière s’étendait la région septentrionale des hauts-plateaux que ma route m’avait fait traverser, peuplés par une race triste et sans bois, sans beaucoup de noblesse dans les contours des monts, simplement célèbres dans le passé par de petits loups féroces. Mais, devant moi, à demi voilé par une brume ensoleillée, s’étalait un nouveau Gévaudan, plantureux, pittoresque, illustré par des événements pathétiques. Pour m’exprimer d’une façon plus compréhensive, j’étais en Cévennes au Monastier et au cours de mon voyage, mais il y a un sens strict et local de cette appellation auquel seulement cette région hérissée et âpre à mes pieds a quelque droit et les paysans emploient le terme dans ce sens-là. Ce sont les Cévennes par excellence : les Cévennes des Cévennes. »…

Nous redescendons face à un panorama de « collines bleues » et c’est à l’orée d’une jeune forêt que nous partageons notre repas.

La descente suivante n’est pas facile : les muscles des cuisses et les chevilles se font douloureux.

« … une sorte de piste apparut qui dévalait en spirale une pente à se rompre le cou, tournant comme tire-bouchon… ».

Heureusement la piste forestière des Nègres est plus douce et nous pouvons rencontrer un groupe de forestiers travaillant avec des engins assez impressionnants.

Après avoir tourné à gauche, c’est tranquillement que nous arrivons à Finiels…

Oui, ici nous sommes dans les Cévennes. Les Cévennes des Camisards !... Quelques tombes isolées dans des jardins nous le confirment.

Nous prenons l’ancienne route qui reliait le Pont de Montvert à Finiels et arrivons à un hameau où un monsieur (assez âgé) nous dit qu’il faut tourner à gauche pour trouver notre chemin… A gauche, à gauche ? Mais ou est donc ce chemin ? En fait il s’agit d’un sentier qui se confond avec le pré qui vient d’être fauché.

Nous n’étions pas au bout de nos difficultés … un peu plus loin nous avons la vue sur le Pont de Montvert mais… quelle descente ! Ne cherchez pas les photos, il n’y en a pas ! La descente est trop difficile !

Arrivés à destination nous n’avons qu’une envie : retrouver notre chambre et n’en plus bouger !

Après une bonne douche, un peu de lessive, nous sortons quand même retrouver Alain et Janette qui étaient plus frais que nous ayant fait une étape plus courte.

La soirée est agréable et… nous n’avons pas vu passer la nuit.

 voir ici les photos de notre étape LE BLEYMARD - LE PONT DE MONTVERT

 

Mercredi 31 août.

Nous quittons le Pont de Montvert avec un temps magnifique… La montée au Cham de l’Hermet est agréable et flânons un peu sur le plateau… Nous descendons ensuite la vallée de la Fiarouze sur une piste bordée  de grandes fougères.

Arrivés à Champ Long de Bougès, à droite on remarque que le ciel se couvre de gros nuages noirs, mais nous sommes au cœur de la forêt domaniale du Bougès et nous arrivons au col de la Planette pour rendre hommage à Raymond Senn, ancien Président du Comité Départemental de la Randonnée « Désormais, le silence t’appartient, sur ces drailles que tu aimes, à la croisée des chemins que tu as balisés… ». Nous rendons aussi un hommage à tous les baliseurs.

Nous allons toujours vers le sud dans une large piste qui descend. Nous posons nos sacs pour notre court déjeuner, aujourd’hui personne n’a envi de faire la sieste : il fait juste un peu frisquet…

… « un ouragan surgit de l’Orient, s’y abattit quoique les nuages au-dessus de ma tête continuassent leur course dans la direction presque opposée. Quelques enjambées plus loin, et j’aperçus un versant entier de la montagne doré par le soleil ; et un peu au-delà encore, entre deux pics, un disque de lumière éblouissante apparut flottant dans le ciel et je me trouvai une fois de plus, face à face, avec l’immense bûcher de joie qui occupe le centre de notre système planétaire. »…

Nous arrivons assez vite au col de Poulio où nous avons le choix entre deux itinéraires : nous suivons le GR 72 magnifiquement bordé de bruyères en fleurs sur tout le flanc du serre. A l’amorce de la dernière courbe ce sont des fougères dorées et éclairées par un rayon de soleil que nous rencontrons avant de passer sous de beaux châtaigniers : nous arrivons ainsi à Cassagnas.

…  « Je me rapprochais maintenant de Cassagnas, un brelan de toits noirs au versant de la montagne dans cette sauvage vallée, parmi les plantations de châtaigniers, les yeux levés dans l’air clair vers d’innombrables pics rocheux. »…

L’espace Stevenson où nous devons passer la nuit n’est plus qu’à 3 km.

 VOIR ICI LES PHOTOS DE NOTRE ETAPE PONT-DE-MONTVERT - CASSAGNAS

Le jeudi 1er septembre.

La nuit n’a pas été longue dans le gîte… l’orage a grondé une grande partie de la nuit. Bien à l’abri, tous ensembles à nous réconforter nous nous inquiétons pour les randonneurs qui ont planté leur tente un peu plus loin…

Après un bon petit déjeuner, nous passons le pont sur la Mimente et nous montons, toujours vers le sud dans une forêt à flanc d’une montagne.

…  « Un peu après deux heures, je traversai la Mimente et pris, vers le Sud, une sente raboteuse qui grimpait au flanc d’une montagne couverte d’un éboulis de pierres et de touffes de bruyères….   Je me trouvais maintenant à la séparation de deux vastes versants : derrière moi toutes les rivières coulaient vers la Garonne et l’océan Atlantique, devant moi, s’égendait le bassin du Rhône. D’ici comme des monts Lozère, on pouvait voir, par temps clair, miroiter le golfe du Lion. »…

Nous ne pouvons voir miroiter le golfe du Lion… Nous sommes dans le brouillard complet !

Au plan de Fontmort nous trouvons la source. Ce lieu est important dans l’histoire des Camisards…

… « Non loin de cet endroit, sur ma droite, se dressait le fameux Plan de Font Morte où Poul, avec son cimeterre arménien, trucidait les Camisards de Séguier… ».

A cet endroit nous prenons la piste plein Est… un peu plus loin nous posons nos sacs pour aller découvrir le Menhir de Claroudens. Il n’est pas très haut, mais l’hypothèse d’un dolmen à proximité engendre des conversations passionnées. Et puis le soleil est revenu !

C’est au col de la Pierre Plantée que nous déjeunons. Nous reprenons rapidement notre marche pour arriver vers 13 h 30 au Serre de Lou Can, quelques kms avant St Germain de Calberte. Aujourd’hui nous sommes heureux que l’étape soit plus courte.

Nous passons l’après-midi à nous reposer ou… à nous balader. Nous visionnons un film sur Stevenson et visitons également une exposition qui lui est dédiée.

Le soir Michèle et Néné ont l’heureuse surprise de voir une bouteille spéciale et quelques bougies sur un gâteau. C’est notre dernière soirée. On remercie Néné pour sa gentillesse et surtout d’avoir organisé si parfaitement cette itinérance et… demain c’est l’anniversaire de Michèle, l’occasion est trop belle pour nous retrouver tous réunis dans cette ambiance festive.

 voir ici les photos de notre étape CASSAGNAS - ST GERMAIN DE CALBERTE

Le vendredi 2 septembre

C’est au petit jour que nous quittons Le Serre de Lou Can… C’est très beau de voir le soleil se lever à travers les arbres.

« … A un certain point, comme je marchais en contrebas par des détours rapides, la lune disparut derrière les monts et je poursuivis mon chemin dans une totale obscurité jusqu’à ce qu’un autre tournant me fit déboucher à l’improviste, dans Saint-Germain-de-Calberte. Le village était endormi et silencieux et enseveli dans la nuit opaque »…

Lorsque nous arrivons à St Germain de Calberte quelques calbertois ouvrent leurs volets et nous souhaitent une bonne journée.

« … Etrange était la situation de cette petite métropole catholique –un diminutif de Rome » dans pareil milieu sauvage et hostile. »…

« … tout y est maintenant si paisible. Les pulsations de la vie humaine battent maintenant d’un rythme si discret et si lent dans ce hameau de montagne ! »…

Nous prenons maintenant une la piste, à droite, presque parallèle à la route et qui descend tranquillement vers St Etienne Vallée Française. Nadine fait une chute, on a tous peur… mais rien de cassé !  On s’arrête dans le village pour se ravitailler en eau et… surtout pour s’attabler (enfin !) à la terrasse d’un café.

Nous cherchons depuis quelques jours déjà l’origine de cette appellation de « vallée française »… Elle aurait plusieurs origines. L’une relate le fait qu’au Vie siècle, le village et la vallée auraient été dans une enclave franque entourée de terres wisigothes. Une autre légende nous dit qu’une bataille aurait opposé en 737 (ou en 778) Francs et Sarrasins à la Boissonnade sur la commune de Moissac-Vallée-Française. Une église « Notre-Dame-de-Valfrancesque » y aurait été construite au VIIIe siècle ce qui en aurait fait le plus ancien bâtiment des Cévennes et du Gévaudan.

Au fil des siècles St Etienne Vallée Française est devenue une étape de transhumance des troupeaux des moines de l’abbaye de Sauve, au XIe siècle un premier château-fort y est construit par les seigneurs d’Anduze…

« … Je descendis le long du gardon de Mialet, un grand lit de rivière étincelant et sans eau, et je traversai Saint-Etienne-de-Vallée-Française, ou Val Francesque, comme on l’appelait… »

Fiers de nos trouvailles nous continuons vers Le Martinet où nous passons sur un pont qui enjambe le Gardon de Ste Croix.

De là nous entamons notre montée vers le col du Signal.

« …je commençais à gravir le mont Saint-Pierre. Longue et pénible ascension ! »…

Longue et pénible ascension… moins pénible elle serait… s’il ne faisait pas si chaud ! La chute des gouttes de sueurs se succèdent au rythme de nos pas.

"... je fus surpris,.... par la sensation de gouttes de pluie qui tombaient sur mes mains et, à plusieurs reprises, je levai des yeux étonnés vers le ciel sans nuages. C'était simplement la sueur qui me coulait du front."

Nous mangeons juste avant d’arriver au sommet. Nous ne voulons pas avoir les « muscles refroidis » avant d’attaquer la descente… Depuis quelques jours nous appréhendons les descentes, qui sont difficiles pour nous tous !

« … long trajet que la descente à Saint-Jean-du-Gard ! »…

C’est d’un pas plus rapide que nous continuons donc notre montée après notre dernier déjeuner… Mais comme prévu la descente est très pénible, c’est donc avec bonheur et soulagement que nous arrivons enfin à Pied de Côte.

Montées, descentes… c'est presque tout en montées et descentes que nous avons parcouru ces 150 kms... mais les 4 derniers qui nous relient à St Jean du Gard, par leur manque de dénivelé nous semblent bien long…

C’est tout sourire que nous retrouvons une autre terrasse de café… Ah que ces boissons fraîches sont revigorantes !

L’heure de prendre le bus est arrivée… Nous n’avons aucune tristesse, Modestine n’était pas avec nous : nous avons tous porté notre sac à dos et, la rentrée prochaine de La Culturothèque est pour bientôt…

voir ici les photos de notre étape SAINT GERMAIN DE CALBERTE - SAINT JEAN DU GARD

 
< Précédent   Suivant >