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LE MARQUIS DE SADE Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
08.04.2014 - chacun sa libido !

LE MARQUIS DE SADE : 1740 – 1814

La Culturothèque – 8 avril 2014.  Nadine.

 


Le marquis de Sade revendique haut et fort, être un pervers, un provocateur, un révolté, un insoumis, un indomptable mais surtout pas un hypocrite. 

Généalogie : Famille de riches marchands anoblie par le pape au 14ème siècle à l’époque de Gérard de Sade et son épouse Jeanne Palmier. Bien avant, Louis de Sade, viguier d’Avignon fit construire le fameux pont d’Avignon en 1177. Au début les armoiries avec une étoile à seize rais puis huit rais sera complétée par un aigle bicéphale par autorisation de l’empereur Sigmond XV.

Ses parents: Jean Baptiste de Sade ( 1701 -1767 ), franc-maçon, libertin est le premier de cette lignée a quitter ses terres provençales pour Paris. Il entre au service du Duc  de Bourbon, fils du Prince de Condé. Il est fait capitaine des  dragons de sa garde personnelle. Il devient son principal conseiller et sera diplomate pour les pays de Hollande, Allemagne et Angleterre. Il épousera en 1733 une petite cousine du Prince : Marie Eléonore de Maillé qui finira plus tard sa vie au couvent des carmélites.

Le couple vivra dans un vaste appartement dans l’hôtel de Condé. En 1741, il est nommé par le cardinal de Fleury ministre plénipotentiaire auprès de l’électeur de Cologne. Son rôle est d’empêcher  Marie Thérèse de devenir impératrice d’Allemagne. Mais en 1744, c’est la disgrâce suite à une parole malheureuse à l’encontre  de la Duchesse de Châteauroux, maîtresse du roi Louis XV.

Enfance du Marquis de Sade : Il nait le 2 Juin 1740 à l’hôtel de Condé et baptisé à Saint Sulpice sus les noms de : Donatien Alphonse au lieu d’Aldonse. Jusqu’à l’âge de Cinq ans, il sera élevé par une gouvernante dans l’hôtel de Condé et partagera ses jeux avec le Prince de Condé, Duc de Bourbon de quatre ans son ainée. Les deux enfants sont éduqués par mademoiselle de Roussillon et subissent la mauvaise influence du Comte de Charolais qui est d’une rare cruauté. A l’âge de cinq ans il quitte Paris pour le château de Saumane ou son oncle, abbé l’accueille. Le frère de son père est l’ami de Voltaire et a fait une étude sérieuse sur Pétrarque revendiquant d’être le descendant de celle qui a inspiré un si grand amour. Il vit avec plusieurs femmes et ne s’occupe guère de l’enfant. Etant libre, il a accès  à la bibliothèque et se nourrit de livres même licencieux. Dans ce château de Saumane, il y passera cinq années de bonheur ce qui lui fera dire : << C’est à Saumane que je veux habiter, je suis fou de Saumane et j’irai si je le puis y finir mes jours. >> Il se rend aussi au château de la Coste oû vit sa grand-mère veuve de Gérard de Sade. Cette belle époque n’a qu’un temps, puisque son père l’inscrit au collège Louis- le- Grand tenu par les jésuites. C’est un élève brillant et Il se découvre un don particulier pour le théâtre.

 Le Marquis de Sade adolescent : Grâce à son oncle l’abbé, Il entre  à l’école préparatoire militaire des officiers de cavalerie avec pour mission de servir le roi. Cette école préparatoire de cavalerie est dépendante du régiment ( chevau – légers ) de la garde du roi dont la garnison se trouve à Versailles. Il participe à la guerre de sept ans et son comportement exemplaire lui vaudra d’être élevé au grade de Le Marquis de Sade adulte : Donatien est plus attiré par les tables de jeu, les bordels et les théâtres que par le métier de l’armée, alors son père décide de le marier avec Renée-Pélagie Cordier de Montreuil de la noblesse de robe, mois illustre mais beaucoup plus riche

Marie Madeleine Masson de Plissay : mère de Renée-Pélagie est issue d’un lignage de financiers, possède un hôtel parisien situé dans la rue Neuve et des propriétés en Normandie et en Bourgogne.

Claude-René Cordier de Launay, le père seigneur de Montreuil est Président à la cour des Aides.

Après négociation, la famille Cordier de Montreuil s’engage à loger et à nourrir le jeune ménage pendant cinq ans avec une dot de 300000 livres. Notre jeune Marquis est amoureux de Mademoiselle de Launes qui couche avec lui mais qui ne veut pas l’épouser et de plus lui transmet la Vérole.

Pour lui, le mariage est une libération du milieu familial, une émancipation dans l’indépendance financière. A lui seul de gérer sa vie. Pour ses plaisirs, il prend des précautions, il loue une petite maison rue Moufletaud à Paris, un appartement à Versailles et une autre maison à Arcueil.

Le 18 Octobre 1763, il entraîne sa première victime Jeanne Testard, une jeune ouvrière et lui donne Deux Lois d’or. Il la sodomise, il se masturbe, blasphème sur la croix. Jeanne testard porte plainte. L’affaire arrive aux oreilles du roi qui demande l’arrestation du Marquis pour outrage envers Dieu, on ne bafoue pas la religion. Le 9 octobre,, on l’arrête et on l’enferme au donjon de Vincennes. Il est considéré comme libertin débauché et athée. Du château de Vincennes, il est transféré au d’Echauffou dans sa belle famille.

Le 24 janvier 1767, son père Jean-Baptiste de Sade décède et son premier enfant Louis Marie de Sade nait le 27 Août  avec pour parrain Le prince de Condé et la princesse de Conti marraine. Il s’installe avec sa famille au château Lacoste.

Mais le 3 Avril 1768il avec son valet complice Langlois, il enlève Rose Keller, 30 ans, veuve sortant de l’église des Petite Pères.

Il lui propose une place de gouvernante dans sa maison d’Arceuil dans une demeure nommée << l Aumône. >> Il l’enferme dans une pièce à l’étage et lui demande de se déshabiller et la fait allonger sur un couvre lit rouge et Blanc. Costumé en garçon boucher avec un linge blanc noué autour de la tête, il la fouette puis lui met un baume sur ses plaies. Il la laisse quelques instants pour s’occuper des prostituées au rez de chaussée. Rose Keller en profite pour s’échapper et se réfugie près des commères du village qui la conduisent chez le notaire greffier et porte plainte. La famille de Montreuil se mobilise et donne 2500 livres à la plaignante pour interrompre la procédure judiciaire. Le roi fait enfermer le récidiviste au château de Saumur et on commence à le comparer à Gilles de Rais. Lors de son interrogatoire, il dira : << Tant de bruit pour une fessée. >> Il est transféré  à Pierre Encise près de Lyon le 23 Avril 1768 et passe sept  mois de réclusion. Il est libéré avec interdiction de retourner à Paris. Un an après, il a l’autorisation de retourner à Paris pour l’accouchement de son deuxième enfant, Donatien, Claude, Armand le 27 Juin 1769 et profite de soigner ses hémorroïdes.

17 Avril 1771, naissance d’une petite fille, Laure, Madeleine.

Cinq mois après, il retourne en prison pour dettes au Fort L’Evèque et vend sa charge de capitaine au régiment de Bourgogne-Cavalerie. Il s’installe définitivement à La Coste avec sa famille où il passe des jours heureux. Notre marquis semble assagi, il rénove les pièces de son château, construit un théâtre avec une grande scène et des somptueux décors et écrit des pièces qu’il interprète. Il embauche des comédiens, les nourrit et les loge. En 1772 il invite la noblesse du coin pour assister à une représentation théâtrale, mise en scène par ses soins. Il a

le rôle principal et sa jeune partenaire qui joue l’ingénue est sa belle sœur Anne prospère de Launay, chanoinesse séculière chez les bénédictines d’Alix près de Lyon

Un mois plus tard, il part à Marseille pour régler des affaires d’argent et en profite avec l’aide de son valet Latour  de recruter cinq prostituées. Avant de s’adonner à ses perversités, il donne des pastilles de cantharaïdées ou dragées à la Richelieu qui sont des aphrodisiaques mais qui provoquent aussi des flatulences. Très malades, se croyant empoisonnées elles portent plaintes contre leur client. Il s’enfuit en Italie avec sa belle sœur. C’est un scandale retentissant dont les gazettes vont déformer l’évènement et en profite pour dire que c’est sa noblesse qui le préserve de la Justice. Pourtant quelques jours après les filles retirent leur plainte.

Le parlement d’Aix  le condamne par contumace à la décapitation et son valet à la pendaison et les corps brulés. Sur la place des prêcheurs d’Aix, la ville fait un simulacre en coupant la tête d’un mannequin et en pendant un autre. Ensuite les deux mannequins sont Brulés. C’est la honte pour les deux familles.

Pour se cacher, il choisit la ville de Chambéry car elle est située dans les Etats du roi de Piémont – Sardaigne mais le 8 Décembre, il est arrêté par le major de la place de Chambéry. Sa belle mère motive le duc d’Aiguillon, ministre des affaires étrangères qui intervient près du souverain Italien. La Présidente de Montreuil est elle amoureuse de son gendre ? Il semble que oui car sa fille dira : << Ma mère, aimait Monsieur de Sade à la folie et elle était plus  fâchée contre moi que contre lui. On l’enferme au château de Miolans à Saint pierre d’Albigny qui est une forteresse qui se trouve entre la vallée de la Maurienne et tarentaise. Il est bien traité, il a droit à un domestique, on lui livre ses repas mais il n’a pas le droit d’envoyer ni de recevoir des lettres mais il soudoie un sulbaterne ce qui permet à sa femme installée à  Miolans de préparer son évasion. Le 30 Avril 1773, le Marquis de Sade et son valet Latour prennent la poudre d’escampette. Il part en Espagne, visite plusieurs villes et revient à La Coste mais sa terrible belle mère en profite à gérer elle-même ses propres biens pour l’intérêt de ses petits enfants avec la complicité du notaire des Sade le Sieur Fage. Il repart en Italie déguisé en en curé sous le nom de comte de Mazan et de retour, il écrit voyage en Italie où il raconte ses aventures et mésaventures surtout à Venise qui est au 18ème siècle la ville de la luxure. De retour  en provence, en 1776, il est à nouveau compromis dans une affaire de mœurs. Le père d’une servante abusée, tire sur Donatien, le rate et  porte plainte. Sentant le danger, il repart pour Paris début Février mais l’inspecteur Marais à l’instigation de Madame de Montreuil l’arrête le 13 Février 1777 à l’hôtel Danemark, rue Jacob et il incarcéré au donjon de Vincennes. Sa femme n’aura de cesse de remuer ciel et terre pour le faire libérer mais il est jugé et 14 Juillet, il écope d’une admonestation pour débauche et libertinage assortie d’une amende de 50 livres et une interdiction de séjourner à Marseille pendant trois ans. Entre temps Louis xv meurt et Louis xvi ne signe  pas le jugement et doit retourner en prison mais il s’enfuit lors de son transfert prétextant un besoin naturel. Vexé, bafoué l’inspecteur Marais  met tout en œuvre pour le retrouver. Le 25 Août, il est arrêté au château de La Coste. La cavale de notre marquis de Sade est bien terminé et il se retrouve le 7 Septembre 1778 à nouveau enfermé au donjon de Vincennes pour une durée de 13 ans. Sa geôle comprend un poêle, un lit, une chaise percée, un fauteuil, une table de toilette et une bibliothèque de cinq cents livres et désormais il est connu sous Monsieur le 6. La famille réglant une forte pension lui permet  d’avoir des repas bien préparés et de s’empiffrer de pâtisseries. Désormais, il écrit des lettres à sa femme, à ses fermiers provençaux, aux autorités judiciaires clamant son innocence

Quatre ans de détention, enfin il peut recevoir la visite de sa femme dans la salle du conseil en présence d’un commis de police. Il écrit aussi << Dialogue entre un prêtre et un moribond >> qui sera le livre sur l’athéisme total. Sa femme se retire au couvent au couvent de Sainte-Aure situé rue neuve Sainte Geneviève à côté du Panthéon. Les enfants sont récupérés par la mère de Renée-Pélagie. Donatien se querelle avec les gardes, insulte les autres prisonniers en particulier son lointain parent Honoré-Gabriel de Riquetti, comte de Mirabeau mais l’objet de sa haine est le gouverneur de Vincennes Monsieur de Rougemart et son pire ennemi demeure Dieu. En 1784, il est transféré avec deux autres détenus à la bastille au deuxième  puis au sixième étage. Une grande cellule de vingt mètres carrés ou une importante bibliothèque de six cents livres vient agrémenter  la vie tourmentée de notre prisonnier. A la bastille il écrira  des contes, des nouvelles, des romans, des pièces de théâtre ou il exprime ses rêves et ses fantasmes et rédige les cent vingt journées de Sodome ou l’école du libertinage.( Son œuvre majeure philosophique ) Comme dit Simone de Beauvoir :<< En prison, entre un homme, il en sort un écrivain ; >>

On peut dire qu’il est extraordinairement moderne, il encourage l’homosexualité, le plaisir sexuel de la femme ainsi que l’avortement. C’est le précurseur des combats revendicatifs du XXème siècle. La logique de ses textes renvoie l’homme au vertige de propre solitude annonçant l’absurde et parfois l’existentialisme encore à naître. Enfermé à la bastille, il apprend  les émeutes de Paris et le 2 Juillet il se saisit d’un long tuyau  pour s’en faire un porte voix et hurle : << Peuple, on égorge les prisonniers. >>  et le gouverneur de Launay décide de le transférer à l’hospice de Charenton à St Maurice, quelques temps après il est libéré.

Arnoux de St Maximin s’empare du rouleau et le vend au Marquis de Vileneuve. Cet ouvrage restera trois générations avant d’être vendu en 1900 à Iwan Bloch, psychiatre en sexologie le fait édité sous le pseudonyme d’Eugen Dühren. Puis le vicomte de Noailles rachète cette œuvre et demandera à Maurice Heine de corriger et de le publier. Heine s’acquitte de cette tâche et entre 1931 et 1935, cette version sera réservée aux  bibliothéphiles souscripteurs, échappant ainsi à la censure. Mais l’ouvrage est volée et vendu  à un Suisse au nom de Gérard Nordman pour la somme  de 300 000 francs. La BNF a fait adopter par la commission des trésors nationaux, le retour de ce rouleau dans le patrimoine national. Ce rouleau se trouve depuis 2004 à la fondation Martin Bodmer près de Genève.

Une nouvelle vie s’offre à Louis Sade, il abandonne sa particule et son titre pour chasser son passé peu glorieux lorsqu’il rencontre en 1792 son dernier amour en la personne de Marie-Constance Quesnet, trente trois ans, comédienne, abandonné par son mari parti en Amérique faire fortune. Cet amour platonique durera quinze ans jusqu’à la mort de notre pervers bien assagi. Il coule des jours heureux dans  un appartement situé rue Honoré Chevalier où il écrit ses pièces et les fait jouer au théâtre Molière en 1791 (le Comte Oxriern ou les effets du libertinage) ensuite au théâtre Italien sa pièce le (suborneur) en 1792.Mais c’est son livre Justine ou les malheurs de la vertu qui connaitra un succès retentissant avec six éditions en dix ans malgré le scandale.

Il critique la terreur ce qui lui vaut de la part du dictateur de la vertu d’être suspect.  Il se retrouve enfermé  aux Madelonnettes, dans le quartier du Marais. Il est transféré aux Carmes puis à la prison se Saint-Lazare près de la gare de l’Est. Sensible, grâce à des relations bien placées réussi à le faire passer à la maison de santé du docteur  Eugène Coignard où il peut souffler. Le 9 thermidor, Robespierre est arrêté et  Sade est sauvé de justesse.

1795, le couple Sade revient dans le lubéron et constate que là aussi la révolution est passée, le château La Coste est détruit. Il retourne à St-Ouen où ils achètent une maison de 15 000 livres et les 73 000 restants pour l’acquisition  de deux propriétés, situées une dans la Beauce et l’autre près de Chartres. Les revenus de ces deux fermages vont assurer un revenu régulier au couple et payer l’éducation du jeune enfant. Il ne s’occupe plus de politique et se plonge à nouveau dans l’écriture. Le coup d’Etat du 18 Brumaire, termine sa période de grâce car Napoléon Bonaparte lui voue une haine implacable car il considère son esprit incompatible avec le système qu’il est en train de mettre en place et d’autant plus qu’il vient de signer le concordat alliant nation et catholicisme. Août 1800 ans, la police se saisit de l’édition complète de la Nouvelle Justine  et se retrouve conduit à l’hospice de Charenton. Il n’en sortira plus jamais. Dans cet asile, les pensionnaires jouent les pièces écrites et misent en scène par Sade. Marivaux, Molière  Cette nouvelle résurrection, il la doit au franc-maçon  François Simonnet de Coulmiers, quadragénaire, bossu , directeur de cet établissement essaient de soigner la folie par le théâtre et de cette rencontre naît  une extraordinaire expérience thérapeutique. Pourtant tout cele dérange, le ministre de l’intérieur Montalivet demande à Monsieur  Coulmiers de placer Louis de Sade dans un local éloigné des autres locataires avec interdiction d’écrire mais le directeur n’en fera rien. Désormais, il écrit des récits historiques :  Adélaide de Brunswick,  il dresse un portrait au vitriol avec  Isabeau de Bavière et termine son troisième roman par la Marquise de Gange, assassiné par son mari et ses deux beaux frères pour hériter se sa fortune. Le directeur, limogé remplacé par l’avocat Roulhac-Dumaupas, sonne la fin de Louis de Sade.

Il s’éteint le 2 Décembre 1814, refusant les derniers sacrements, il est enterré au cimetière de Charenton  sous une dalle ne portant ni nom et ni date. Lors de la suppression du cimetière de Charenton, les ossements sont regroupés dans une fosse commune. Lors de cette transaction, le docteur ramon, se fait remettre le crane de Sade  qu’il confie à un confrère et ami le docteur spurzheim qui l’emporte en Allemagne où il finit par disparaître. Il n’existe aujourd’hui qu’un moulage authentifié  conservé au musée de l’homme. Son fils Claude-Armand de Sade qui a épousé laure de Sade et dont les descendants se trouvent  parmi nos contemporains en les personnes d’Elzéar, Hugues et Thibault.

 

 
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