ANDRE LE NOTRE, L'HOMME LIBRE |
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André Le Nôtre, l’homme libre. La Culturothèque – Michèle 18.03.2014 André Le Nôtre est un jardinier. Il était et reste certainement le plus célèbre des « jardiniers » français. Jardinier…. Mais pas que jardinier. Il avait plein de fonctions, plein de talents, plein de facettes et en fait il exerçait différends métiers. Si vous imaginez un jardinier avec un chapeau, une bêche on a tout faux. André Le Nôtre est jardinier du roi. Son grand-père Pierre Le Nôtre était déjà jardinier maraîcher puis jardinier du roi aux Tuileries, son père, Jean, avait reçu la charge de Pierre Le Nôtre et était « jardinier ordinaire du roi chargé de l’entretien du jardin des Tuileries » et portait le titre de dessinateur de plans et jardins et à l’époque de la naissance d’André il était connu pour ses capacités à fournir des « pantes à fleurs de toutes sortes des plus belles qui se trouveront en France ». Sa mère, Marie Jacquelin, était la fille d’un commissaire ordinaire de l’artillerie de France mais aussi petite fille de jardiner. Il porte le prénom de son parrain, André Bérard de Masioncelle, contrôleur général des jardins du roi sous Henri IV et Louis XIII et sa marraine est Claude de Martigny l’épouse de Claude Mollet qui partage la charge de jardinier du roi avec Jean Le Nôtre. Donc André Le Nôtre fait partie d’une élite de jardiniers du roi, mais en plus dessinateur des jardins du roi et à l’époque il n’y en avait que deux. Si à Paris il y avait des centaines de jardiniers, il n’y avait qu’une dizaine de jardiniers du roi. On peut donc dire qu’André est venu dans un sérail prédestiné à dessiner des jardins. En plus de ses casquettes d’architecte et de jardinier du roi qui sont connues, il avait aussi la fonction de contrôleur général des bâtiments. C’était donc un officier du roi à plusieurs titres car le jardinier était déjà un officier du roi, le dessinateur des jardins un officier du roi. Mais ce sont des charges. Ces charges sont moins honorifiques que celle de contrôleur général des bâtiments qui est aussi une charge de… conseiller du roi. Il est né le 12 mars 1613. Le roi Louis XIV le 5 septembre 1638. Il avait donc 25 ans de plus que le roi. Il est devenu un peu le père de Louis XIV dans la mesure où celui-ci, qui avait subi l’épreuve de la Fronde[1] qui l’a marqué toute sa vie va s’entourer de personnes qui ne sont pas de la noblesse d’épée à qui il obligera à servir comme membre de sa cour et surtout va transférer le pouvoir à une administration centralisée et à la noblesse de robe[2]. En dépit des honneurs dont Louis XIV va couvrir son jardinier et de son offre de l’accueillir à Versailles André Le Nôtre reste attaché à sa maison située à proximité du pavillon de Marsan dans le jardin des Tuileries. C’est là qu’il y tient son agence et surtout ses collections. Car André Le Nôtre est collectionneur d’Art. Tout jeune il était entré comme élève dans l’atelier de Simon Vouet[3], avec lui il apprend le dessin avec les autres élèves tels que Pierre Mignard, Charles Lebrun et Louis Lerambert[4] et l’architecture et la perspective auprès de François Mansart[5]. Studieux, sérieux et curieux André Le Nôtre passe son enfance parmi les artisans, mais surtout les artistes qu’il rencontre au château ou travaille son père et, de plus, il se familiarise dès son jeune âge aux usages de la cour. Certains disent qu’il a vécu de contrariété en contrariété. Il aurait voulu être peintre mais il n’arrive pas à s’extraire de la tradition familiale… Et il est confronté aux architectes qu’il déteste : il traite Hardouin-Mansart de « maçon » ! (en fait l’architecte avait transformé son bosquet des Sources à Versailles en colonnade). Il n’est pas non plus très modeste, au duc de Portland qui lui demande, avant de venir en France, sur ce qu’il y a de plus beau à visiter il indique « Versailles, Fontainebleau, Vaux-le-Vicomte, les Tuileries et surtout Chantilly », jardins qu’il a tous créés. C’est peut-être ce « mal-être » qui va le pousser à réaliser ses collections, faute d’être peintre, il collectionne les œuvres d’art. Et oui, vous attendiez un jardinier et vous vous retrouvez face à un amateur d’Art. Il a été l’un des plus grands collectionneurs de son époque : tableaux de maître, sculptures inspirées de la mythologie, porcelaines et médailles d’art. Déjà à son époque les guides destinés aux riches voyageurs signalaient sa collection comme exceptionnelle. Louis XIV apprécie la compagnie d’André Le Nôtre. Il apprécie sa grande culture et surtout sa franchise. Il sollicite souvent son avis et lui accorde son amitié. Dans ses collections on lui connaissait 1500 médailles, la plupart à la gloire de Louis XIV mais aussi 300 à la gloire du plus grand ennemi de Louis XIV : Guillaume III d’Orange. Lorsqu’ils se promenaient tous les deux il n’était pas rare qu’André Le Nôtre sorte une médaille de sa poche en la montrant au roi en lui disant « A tiens, en voilà un contre vous ! ». Et le roi l’acceptait. Ce qui montre bien la complicité entre les deux hommes. Louis XIV lui fait totalement confiance et cette complicité va durer presque 60 ans ! Cette complicité se retrouve aussi dans la carrière d’André Le Nôtre car lorsque Colbert va mourir, c’est à lui que Louvois demande de faire la lumière sur les malversations qui sont sur les chantiers. Il avait la confiance du roi mais aussi de l’ensemble de l’administration en raison de ses qualités mais aussi de sa probité. On le voit aussi avoir des conversations avec des scientifiques comme Christian Huygens (grand mathématicien), Le Bernin, auprès de figures ecclésiastiques qui faisaient partie des esprits les plus brillants de leur temps, il était aussi très proche des Montespan et.. de Mme de Maintenon bien connus pour leurs esprits, de Molière, de La Fontaine, le cercle des mathématiciens, des chercheurs. .. Cultivé, curieux, intéressé par tout, il était la coqueluche de son temps : tout le monde voulait avoir son jardin dessiné par Le Nôtre. Malgré tout ça, André Le Nôtre reste assez sympathique, lucide et il semble très attachant. Ce qui est passionnant chez lui c’est de voir que au cœur du pouvoir il savait dire non, savait ne pas répondre, il restait toujours très droit… La légende a fait de Le Nôtre un jardinier brave et chaleureux, ami du grand roi, au verbe libre et à la bêche sur l’épaule. Toutefois, la simplicité supposée du « bonhomme » s’allie mal à la renommée du personnage qui s’étend à toute l’Europe. On raconte pas mal d’anecdotes, beaucoup reprises et embellies dans des ouvrages qui lui sont consacrés et elles contribuent à cette image. Certaines sont attestées comme par exemple lors de son voyage en Italie il écrie au Grand Condé qu’il s’entretient avec Le Bernin chargé de sculpter une statue équestre de Louis XIV et que le Pape Innocent VI a demandé de le rencontrer car il veut lui confier le tracé des jardins pontificaux. A la fin de leur entrevue Le Nôtre aurait déclaré « qu’il ne se soucie plus de mourir puisqu’à présent j’ai devisé familièrement avec les deux plus grands hommes du monde, Votre Sainteté et le Roi mon maître ». Le Pape lui aurait répondu « Votre roi est un grand prince victorieux, mois je ne suis qu’un pauvre prêtre. Il est encore jeune, moi je suis vieux ». Le jardinier rétorque « Mon révérend Père, vous vous portez bien, vous enterrerez tout le Sacré Collège ». Les deux hommes auraient éclatés de rire et sous le coup de l’émotion Le Nôtre l’aurait embrassé sur les deux joues avant… de baiser sa mule. A la cour lorsqu’on relate cette scène on parle de balivernes et le duc de Créquy va parier que cette scène est fausse et Voltaire dira « qu’un intendant des jardins ne baise point les papes et les rois des deux côtés ». Le pari sera perdu car le roi déclare que chaque fois qu’André Le Nôtre rentre de sa campagne il l’embrasse sur les deux joues ! C’était au cours de son apprentissage qu’il a rencontré le peintre Charles le Brun et c’est donc tout naturellement qu’ils se retrouvent sur les chantiers de Vaux et de Versailles. On voit que Le Nôtre connait bien les techniques du XVIIe siècle car ses constructions dans l’espace prouvent qu’il maîtrise les lois de la perspective et de l’optique. Il connait aussi la nature des sols et il possède un véritable savoir-faire en matière d’hydraulique. Les jardins de Le Nôtre ne font pas l’unanimité, Girardin, qui a créé le Parc d’Ermenonville (1er jardin à l’Anglaise sous Louis XV) dit « Les jardins de Le Nôtre sont si tristes que l’allée la plus fréquentée est celle qui mène à la sortie » et Montesquieu dit que Le Nôtre fait de la nature une « femme savante ». Peut-être qu’André Le Nôtre est un génie contrarié par la Nature mais on voit que c’est un géomètre et qu’il s’appuie sur la nature pour profiter de sa force en captant la logique du paysage, lui donnant sons sens, le prolongeant, l’accentuant et le magnifiant. Comme un peintre. Versailles était un marais, n’importe qui l’aurait asséché, lui il le transforme en grand canal ! Les Tuileries fermées par un fouillis d’habitations et de fortifications, lui en fait les Champs-Elysées ! De plus chaque jardin est totalement différent. Il est paysagiste. La grande spécialité de Le Nôtre c’est la ligne de fuite. Pour les jardins de Versailles il se projette dans le futur et imagine des aménagements aussi loin que porte le regard alors même que certains terrains ne sont pas encore achetés. A l’époque le domaine atteint 10 000 ha de terrains, soit 10 fois plus qu’aujourd’hui. Il avait été anobli par Louis XIV en 1675 et il a reçu aussi l’ordre de St Michel à cette occasion. En 1681 il reçoit l’ordre de Saint-Lazare. Lorsque Louis XIV lui impose des armoiries il se moque en disant qu’il a déjà « trois limaçons couronnés d’une pomme de chou », mais le roi l’oblige à composer un blason « de sable à un chevron d’or accompagné de trois limaçons d’argent , les deux du chef adossés et celui de la pointe contournée ». Il forme de nombreux disciples dont son neveu Claude Desgots qui est certainement l’auteur de variantes d’ouvrages commandé à André Le Nôtre. Lorsqu’il était allé en Italie, il n’avait pas trouvé que les jardins italiens s’approchaient des jardins français. Il entre en 1681 à l’Académie royale d’architecture, il travaille à l’aménagement des jardins du château de Meudon pour Louvois et en 1679 et 1691 et participe aux aménagements du château de Marly-le-Roi dernière résidence voulue par Louis XIV en 1692. Il en a cependant assez de Louis XIV qui veut concevoir lui-même ses propres jardins et il cesse donc de travailler pour lui : c’est à cette occasion qu’il lui a offert ses plus belles œuvres d’art en, 1693. Il se retire dans sa maison avec sa femme et ses neveux et nièces mais il continue à travailler. On dit que c’est surtout car il ne supporte pas la concurrence de Jules Hardouin-Mansart. En 1698 il adresse à Guillaume III d’Angleterre des plans pour le château de Windsor. Quand André Le Nôtre meurt, le 15 septembre 1700, à l’âge de 87 ans, son art s’est répandu dans toute l’Europe. Ses collaborateurs voyageaient pour diffuser sa méthode en fonction de ses commandes mais des jardiniers avaient été aussi envoyés auprès de lui pour se former. André Le Nôtre était dyslexique mais il compensait ce trouble par une extraordinaire vision en trois dimensions. C’est peut-être la raison pour laquelle il n’a laissé aucun écrit pédagogique, ni mémoire ni journal. Il est inhumé en l’Eglise St Roch sans cérémonie, selon ses vœux. A sa mort sa fortune était colossale. Sa femme a commandé, plus tard, un monument funéraire pour honorer la mémoire d’André Le Nôtre mais la sépulture a été profanée lors de la révolution. Eclipsé par le jardin à l’anglaise, le jardin régulier de Le Nôtre revient sur le devant de la scène et influence de nombreux architectes et paysagistes dont le célèbre Le Corbusier qui s’est réapproprié les parterres de Le Nôtre dans un dessins d’architecture réalisé pour la Villa Church à Ville-D’Avray. Avant les Jardins d’André Le Nôtre. A cette époque la mode est aux jardins que l’on appellera plus tard « Les jardins de la renaissance française », ils sont inspirés par les jardins de la renaissance italienne. Ce n’est que sous le règne de Louis XIV, à partir du milieu du XVIIe siècle que l’on parlera du style plus grandiose et plus formel du jardin à la française. Bien sûr, ce sont les nobles qui apportent le style renaissance en France, déjà dès 1495 par le roi Charles VIII et ses campagnes en Italie mais il connaîtra son apogée dans les jardins du château royal de Fontainebleau, des châteaux de Blois, d’Amboise et de Chenonceau. Tous s’inspiraient de l’architecte paysagiste italien, Pietro de ‘Crescenzi qui a publié le traité « Opus Ruralium Commodium » qui présentait un plan formel pour les jardins, ornés de sculptures topiaires, d’arbres et arbustes taillés en formes architecturales suivant une tradition commencée par les Romains. Charles VIII avait fait traduire ce traité des jardins. Ensuite, François 1er, qui lui aussi avait également visité l’Italie et avait rencontré Leonardo da Vinci, fait construire des jardins dans le nouveau style, notamment à Blois, sur trois terrasses entourées par les murs. Bien sûr les jardins comprenaient des parterres de fleurs mais aussi une grande variété de légumes et de fruits y compris orangers et citronniers dans des bacs qui étaient rentrés en hiver dans l’orangerie (1ère orangerie de France). Les jardins du château de Fontainebleau, aussi ont été créés par François 1er. Ils comprennent des fontaines, des parterres une forêt de pins apportés de Provence et… la première grotte artificielle. Il a été complété par Catherine de Médicis qui a commandé des copies en bronze des statues qui ornaient le Belvédère à Rome. Une statue d’Hercule au repos de Michel-Ange orne le jardin du lac et Henri IV a ajouté une petite île dans le lac reliée à la cour des fontaines par un pont. Chenonceau comme vous le savez tous avait deux jardins : le premier créé en 1551 pour Diane de Poitiers avec un grand parterre et un jet d’eau et le second, plus petit créé pour Catherine de Médicis en 1560 sur une terrasse construite au dessus du Cher, divisé en compartiments avec un bassin au centre. Les Jardins d’André Le Nôtre : Loin d’être le geste achevé d’un seul artiste libéré de toute contrainte, les "jardins d’André Le Nôtre" sont le fruit du travail en commun de très nombreux intervenants s’adaptant aux impératifs du site. En perpétuelle évolution dès leur conception, ils ne sont aujourd’hui qu'un reflet infidèle et partiel des jardins du XVIIe siècle. En 1635, à l’âge de 22 ans il devient premier jardinier de Gaston d’Orléans, frère de Louis XIII. En 1643 il récupère de son père Jean Le Nôtre, la charge de dessinateur des plants et parterres du roi. C’est surtout après 1660 qu’il entreprend les plus grands chantiers pour des domaines appartenant à Louis XIV, à sa famille (Philippe d’Orléans, le Grand Condé…) et à ses ministres (Fouquet, Colbert, Louvois, Seignelay…). De jardin en jardin André Le Nôtre retrouve les mêmes artistes qui travaillent au service de l’administration royale, notamment les architectes Le Vau, Gittard, Hardouin Mansart, les sculpteurs : Lerambert, Coysevox, Girardon et les peintres Le Brun et Poussin. Ce n’est pas lui qui choisit ses jardins, il répond simplement aux sollicitations de la Cour pour lesquelles il reçoit différents types de gratifications : pensions royales, salaires, revenus provenant des charges. Il est très sollicité car les différents commanditaires sont tous de bons courtisans et font toujours appel aux artistes reconnus par le roi. Comme je vous l’ai dit lorsqu’il travaille à partir de 1675 à Versailles, il est aussi à Saint-Germain-en-Laye, aux Tuileries pour le roi mais aussi à Chantilly pour Condé, à Sceaux pour Colbert, à Saint-Cloud et au Palais-Royal pour Monsieur mais il intervient encore à Clagny, à St Maur et il produit de nombreux plans qu’il donne pour la réalisation de jardins européens. Il ne faut pas croire qu’André Le Nôtre décidait seul du chantier. Les propriétaires des jardins prenaient la plupart des grandes décisions. Louis XIV pour sa part ne négligeait aucun détail et remettait pratiquement en cause tous les desseins initiaux. Il arrivait aussi qu’une fois achevée, l’œuvre était immédiatement détruite pour être recommencée. Entre 1661 et 1681 il y a eu quatre modifications des parterres autour du château de Versailles ! La création d’un jardin touchait différents domaines : Architecture, Sculpture, terrassement, hydraulique, géologie, optique, sylviculture, horticulture et de nombreux techniciens étaient sollicités. Des jardiniers comme Le Nôtre, Mollet, Desgots, La Quintinie, des fleuristes, des fontainiers, des entrepreneurs en hydraulique, des astronomes… et, j’en passe ! Sans parler des hommes de lois chargés d’obtenir les terrains (souvent coûte que coûte) et des intendants pour s’assurer l’exécution des travaux… Pour les jardins de la dimension de Le Nôtre, les effectifs employés atteignaient des proportions jusque là inégalées. Pourtant les travaux étaient relativement longs : 10 ans en moyenne (10 ans pour Vaux le Vicomte, + de 30 ans pour Versailles ou Meudon). Il faut dire que les surfaces étaient immenses (pouvant dépasser 1 000 ha). Le chroniqueur Dangeau précise dans son journal qu’il y avait 36 000 personnes qui travaillaient à Versailles pour le château et le jardin !. La demande est exponentielle et le recrutement des ouvriers et techniciens est difficile. Difficile aussi d’imposer des horaires a une main-d’œuvre constituée pour l’essentiel de paysans habitués au travail saisonnier, et les intendants doivent batailler pour retenir ceux qui veulent, par exemple, aller aux moissons qui sont mieux rétribuées. Il faut se battre aussi pour obtenir les meilleurs spécialistes, de l’hydraulique par exemple mais aussi des espèces végétales qui font l’objet de lourdes batailles avec les grands parcs ! Versailles sortira quand même pratiquement toujours le grand vainqueur. Pour André Le Nôtre s’ajoute une contrainte : les commanditaires veulent obtenir un effet immédiat. Il faut donc trouver des sujets de grande taille pour former les alignements et les lisières des bosquets… mais l’intérieur, moins visible, il est garni de jeunes végétaux.
Donc il n’y a pas de jardin type, les jardins connaissent plusieurs visages, au cours même de l’intervention de Le Nôtre : désirs des commanditaires, extension des domaines, propositions des concepteurs. Il faut sans cesse redessiner l’espace. D’autant que… si les espaces évoluent en fonction des caprices des princes, elles évoluent aussi en fonction de leur désir de donner des fêtes somptueuses : à Versailles, Sceaux, Chantilly notamment il faut réaménager les bosquets pour ces occasions et mêler aux jeux d’eau et sculpture un décor végétal et architectural. Ces structures sont vouées, bien sûr, à disparaître rapidement et de ce fait le jardin s’inscrit dans un art éphémère. Aujourd’hui, à quatre siècles de distance, il n’y a plus rien de commun dans l’origine des jardins de Le Nôtre mais il est moderne dans le fait qu’il a définit un code formel dans l’aménagement de l’espace et si il ne faut retenir qu’une seule chose d’André Le Nôtre c’est l’importance du dessin de la composition. [1] - le 25 décembre 1649, Louis XIV a 12 ans lorsqu’une contestation de l’autorité royale par les parlements et la noblesse (prince de Conti, frère de Condé Beaufort petit fils d’Henri IV) s’oppose fermement contre les impôts levés par Mazarin. 1 an après c’est la Fronde des Princes, toujours autour du prince de Condé, où la reine et le jeune Louis essaient de s’enfuir mais les Parisiens envahissent le palais royal où ils logeaient et sont désormais prisonniers de la fronde. Heureusement en 1651 la majorité du roi Louis XIV est déclarée… [2] - la noblesse de robe rassemblait les personnes qui occupaient des fonctions de gouvernement et qui devaient avoir fait des études universitaires et donc revêtir la robe ou toge (justice et finance). Ils ont été surnommés robins, homme de robe et le groupe noble qu’ils formaient « noblesse de robe ». [3] - ambassadeur de France en poste à Constantinople où il séjourne de 1611 à 1612. Il y peint le portrait de Mustafa 1er + Rome San Lorenzo – Basilique St Pierre – Eglises de Rome – Gênes – Naples… Peinture baroque Italienne – peintre officiel de Louis XIII – Grand Peintre mais souffre de la popularité de Nicolas Poussin. [4] - grand sculpteur - Versailles [5] - son petit neveu est l’Architecte Jean-Hardouin Mansart qui a été le 1er architecte de Louis XIV |
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